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Le Japon

L’histoire du Kimono, l’incontournable tenue traditionnelle japonaise

Le Kimono est le vêtement traditionnel par excellent du Japon, et il suffit d’une image d’un homme ou d’une femme portant cette tenue pour que l’on sache immédiatement que la scène se passe au Japon. Mais connaissez-vous l’histoire du Kimono quelles sont ses origines ?

En préambule, un peu d’étymologie : le mot japonais pour Kimono s’écrit 着物, et il est composé de deux kanjis. 着(KI) vient du verbe 着る(KIRU) et signifie « porter », dans le sens d’être habillé avec. Quant à 物(MONO), il signifie « une chose ».

Donc un Kimono est tout simplement « une chose que l’on porte », et ce n’est pas une tenue qui a été inventée au Japon, mais elle est largement inspirée du vêtement traditionnel d’un grand pays voisin.

Le Kimono est une adaptation d’un vêtement traditionnel chinois

Si les liens entre le pays du soleil levant et l’empire du milieu ont parfois été compliqués, ils sont également entretenu des liens culturels étroits. De nombreux aspects de la culture japonaises sont des emprunts à la culture chinoise. C’est par exemple le cas de l’architecture, du système d’écriture, l’art du jardin, certaines spécialités culinaires (par exemple le « ramen » est largement inspiré des « nouilles tirées à la main » (拉面, lāmiàn) chinoises ou encore le thé.

La société japonaise a ensuite intégré ces différents emprunts au sein de sa culture, les a assimilé, les a fait évoluer, d’une façon remarquable, notamment pour les jardins et la cérémonie traditionnelle du thé. A tel point qu’ils semblent avoir fait partie de la culture japonaise depuis la nuit des temps.

Et il en est de même pour le Kimono, qui est largement inspiré du Hanfu, le vêtement traditionnel des Hans. Mais il faut être un peu plus précis, car le Hanfu ne désigne pas un vêtement, mais un style vestimentaire très large.

En revanche, le Hanfu possédait déjà certains des éléments caractéristiques du Kimono. C’était une longue robe avec un col croisé, c’est-à-dire que le vêtement se rabattait de chaque côté du buste. Il était maintenu fermé par de petites cordes situées à l’intérieur et l’on pouvait éventuellement rajouter une ceinture en tissus.

Le style de Hanfu qui se rapproche le plus du Kimono japonais est le Shenyi, qui était à la base une tenue de cérémonie mais qui est devenue un vêtement plus décontracté que l’on portait à l’intérieur.

Les Hans chinois portaient le Hanfu bien avant le début de l’ère chrétienne, mais il n’est véritablement arrivé au Japon que vers le 4e siècle, où la classe supérieure japonaise a commencé à porter des vêtements similaires à ceux de la dynastie Han.

L’évolution du Kimono vers le style que l’on connait aujourd’hui

Dès le 7e siècle, l’ancêtre du kimono portait le nom de Kosode, un vêtement principalement en soie et porté prés du corps sous d’autres couches de vêtements. Contrairement au Hanfu qui avait des marches très amples, le Kosode avait des manches plus étroites. Toujours réservé à l’aristocratie à cause de son prix élevé, c’était aussi un marqueur de statut social.

Il faudra attendre la période Heian (entre le 8e et le 10e siècle) pour que les tenues japonaises s’éloignent  progressivement du style chinois, s’affranchissent de leur code et laisse à place à une esthétique qui se rapproche de celle du Kimono d’aujourd’hui.

Ce n’est qu’à partir du 13e siècle que le terme Kimono apparait vraiment, et deux siècles plus tard, le Obi, la grosse ceinture caractéristique, s’est également imposée. Dès lors, le style du Kimono n’a que très peu évolué et a atteint son statut de vêtement traditionnel dont la confection a été portée au rang d’art par les japonais.

Après les réformes d’ouverture de Meiji, le Japon s’est ouvert à l’occident nombre de ses aspects culturels ont été exportés vers l’étranger, notamment le kimono. L’Europe et les Etats-Unis sont devenus friands de ces produits considérés comme « exotiques » et donnant une certaine vision de l’Asie ; c’est le début du « japonisme ».

Depuis, le Kimono est indissociable de la culture japonaise, et même s’il n’est pas un vêtement que l’on porte couramment en extérieur en occident, il souvent porté à la maison comme tenue de détente. En outre, il a inspiré de nombreux créateurs de mode qui reprennent certains de ses codes caractéristiques pour concevoir des tenues innovantes.

Le Kimono continue encore aujourd’hui de passionner le monde entier, y compris la jeune génération qui y voit un moyen de s’affranchir des codes de la mode actuelle et de concevoir un look inspirant.

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